Egyptiens,
Grecs, Hindous, Chinois, Romains… ont largement mis en œuvre des
substances végétales et des sels métalliques pour obtenir des
colorations nuancées. L'acétate de plomb, agent du saturnisme,
d'usage répandu chez les romains pour recouvrir les cheveux gris a
été rejoint par le nitrate d'argent. Dans l'ignorance des effets de
toxicité, certains n'hésitaient pas à proposer des cyanures
(poisons) métalliques plus solubles!
La teinture
des poils blanchis était réalisée à l'aide d'une pommade noire
contenant une cire blanche dissoute dans l'huile d'olive et une dose
de charbon de peuplier.
Parmi toutes les substances végétales et minérales, le henné, en
présence parfois d'indigo, employé déjà voici 4000 ans par les
Egyptiens, est toujours en usage dans les pays arabes. Des
décoctions de fleurs de camomille pour blondir, de chataîgnier pour
rendre châtain, de noyer pour brunir, sont toujours préconisées par
les inconditionnels du tout naturel pour teindre la kératine du
cheveu.
Aujourd'hui…
Près de 40% des femmes des pays développés utilisent aujourd'hui des
colorants de synthèse pour cheveux. Le cheveu est poreux et se teint
facilement.
Au début
du siècle, la chimie des colorants de synthèse a connu son heure de
gloire. Lorsque W.H. Perkin cherche à reproduire la synthèse de la
quinine par une réaction d'oxydation de l'aniline, il isole en fait
un composé violet-noir, la mauvéine. Nous sommes en
1856, il vient d'isoler le premier colorant de synthèse, fleuron de
la chimie aromatique à la base de l'industrie du colorant. Une autre
étape décisive est franchie peu de temps après, en 1863 par Hausmann
avec la découverte de la para-phénylènediamine qui va conduire aux
colorants réactifs encore en vigueur aujourd'hui (Corbett
1972).