La dermographie est la technique
médico-chirurgicale qui utilise les procédés ancestraux de
tatouage à des fins de médecine et de chirurgie esthétique et
réparatrice.
La dermopigmentation est une véritable implantation
dermique. L'implant mis dans la peau est ici le pigment. Il est
soumis à une législation CEE précise et toutes les couleurs ne
peuvent pas être employées.
Il faut distinguer la dermopigmentation (acte
médical) du tatouage artistique (employant des couleurs vives et
définitives), et du maquillage permanent (voir
législation).
Indications courantes
Les pigmentations réalisées sont surtout des eye-liners,
des contours ou remplissages des lèvres, des réalignements ou restaurations
des sourcils. De l'effet le plus naturel au plus sophistiqué, tous les
artifices sont maintenant possibles.
Elle est aussi beaucoup utilisée dans une optique réparatrice. Depuis de
nombreuses années, on reconstruit les aréoles et mamelons après ablation du
sein pour cancer. En chirurgie réparatrice du visage, on peut également
masquer des cicatrices d'accident avec d'excellents résultats.
Cette technique simple, mais parfaitement codifiée, peut aussi agrémenter sans
grand traumatisme une petite asymétrie du visage, ou éclairer certaines zones
un peu ternes.
Dans tous les cas, seul un médecin pourra traiter des lésions de la peau
(vitiligo, dépigmentations, cicatrices, etc...).
La première consultation
Lors d'une consultation préalable, il est envisagé ce qui
peut être fait, afin que la patiente n'ait aucune surprise désagréable. Les
couleurs sont alors choisies, des photos avant/après sont présentées à titre
de modèle. Même s'il est possible d'effacer les tatouages au laser, et même si
les dermopigmentations s'estompent à la longue, il faut bien réfléchir avant
de passer à l'acte.
L'intervention
Elle pourra se faire sous anesthésie locale : soit par la
pose d'une crème pour les sourcils, soit par une fine injection pour les
paupières et les lèvres. Cet anesthésie présente le double intérêt de
permettre un travail en toute sérénité pour la patiente comme pour le
praticien, et de limiter le saignement à l'origine de "croûtes" disgracieuses
dans les jours qui suivent. Ainsi, la vie sociale n'est aucunement perturbée.
Un essai peut être fait 15 jours à 1 mois avant la séance (surtout si vous
présentez un terrain allergique). Certains médicaments peuvent être néfastes
(comme les anticoagulants).
Il faut aussi savoir qu'une dermographie des lèvres peut facilement déclencher
une poussée d'herpes chez les personnes prédisposées. Ceci conduit parfois,
après un interrogatoire minutieux, à prescrire une médication préventive.
Après désinfection du visage, le pigment est ensuite implanté dans la peau à
l'aide d'aiguilles spéciales, stériles à usage unique. Le praticien suit le
tracé qu'il a prévu et emploie si nécessaire, plusieurs couleurs de pigments
selon l'effet recherché. Il va de soit que ce travail demande également
habileté et sens artistique pour obtenir un résultat parfaitement esthétique.
Il est rare qu'une seule séance suffise. Souvent il est nécessaire de
pratiquer 2 ou 3 passages pour un résultat stable.
Après le traitement, il faut éviter les expositions solaires, le grattage des
croûtes s'il y en a, le maquillage immédiat, les masques ou gommages.
Même si la teinte des pigments de très bonne qualité varie peu après
l'implantation, il faut généralement prévoir un éclaircissement possible
durant le premier mois, et donc s'adapter en fonction de ceci.
Dans ces conditions, il n'y a pas de risque particulier à pratiquer la
dermographie.
Les pigments employés
Les techniques ont beaucoup évolué. Les pigments que l'on
pouvait utiliser avant étaient fabriqués de façon très artisanale, avec une
stabilité variable et une durabilité indéfinissable. Des pigments de qualité
médiocre donneront des colorations qui changeront au fil du temps.
La réglementation
En ce qui concerne le tatouage et le "maquillage
permanent", il n'existe pas à ce jour, de législation officielle, et ces actes
ne sont pas interdits aux non-médecins, mais le tatoueur ou l'opérateur
non-médecin ne peuvent pigmenter une lésion médicale ou chirurgicale, ni
prescrire ou faire une anesthésie locale médicamenteuse.
En ce qui concerne les médecins, l'instauration d'une réglementation sur les
dispositifs implantés (un pigment de tatouage est un implant puisqu'il est
introduit par effraction dans la peau) a permis des recherches et la
fabrication de couleurs implantables répondant à toutes les normes de sécurité
exigées.
Les pigments utilisés par les médecins sont agrées par l'administration
sanitaire, ils sont non-allergisants, rendus stériles par des procédés fiables
et normalisés, et surtout, à usage unique.
Les médecins travaillent en collaboration avec des chercheurs et des
utilisateurs médicaux pour, tous les jours, remplir des observations qui
permettent d'améliorer la qualité des produits, pour la plus grande sécurité
des patients et patientes.
par le Dr Sophie Casadio
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