Le poids du tissu adipeux
1. Première différence
Chez un homme, le tissu adipeux représente 12 % environ de son poids normal,
chez la femme ... 25 %, sans qu'elle ait des kilos en trop pour autant..
Ainsi, un homme mesurant 1 m 73 et pesant 70 kg possède de 8 à 10 kilos de
graisse. Ce stock est de 12 à 15 kilos pour une femme dont la taille est de 1
m 62 et le poids de 60 kg.
Une femme est normalement, physiologiquement deux fois plus grasse
qu'un homme. La nature l'a décidé ainsi et à cela nous ne pouvons rien.
Que nous le voulions ou non, nous traînons le poids physiologique de
notre sexe. Nous avons souvent tendance à oublier maintenant une réalité
capitale : nous sommes faites, fabriquées, constituées avant tout, pour donner
la vie et perpétuer l'espèce humaine.
Cette fonction demande de l'énergie pas seulement intellectuelle mais
physique ! C'est pourquoi nous sommes équipées pour posséder de grandes
réserves d'énergie afin de pouvoir non seulement fabriquer mais aussi nourrir
des enfants en toutes circonstances, même si nous ne mangeons pas
suffisamment.
Biberons, laits maternisés, contraception, tous ces moyens que nous
avons mis en place pour dominer la maternité ne changent pas un fait :
physiologiquement, nous sommes les mêmes que la femme des cavernes que son mec
tirait par les cheveux pour la ramener au coin du feu cuire le mammouth qu'il
venait de tuer et que, repus, il engrossait après qu'ils aient mangé (ou avant
en attendant que le mammouth soit cuit !).
Cette femme nourrissait au sein ses enfants survivants jusqu'à ce
qu'ils aient des dents pour pouvoir croquer des céréales et du mammouth. Elle
devait donc avoir suffisamment de provisions d'énergie en elle, le mammouth
étant rare, pour pouvoir fabriquer et nourrir ensuite ses enfants.
Nous avons fait beaucoup de progrès depuis, mais nous n'avons rien
changé à notre condition physique de grasse. Une étude récente faite sur des
femmes candidates à une procréation assistée a démontré que la graisse du bas
(celle des cuisses et des hanches) favorisait leur fécondité.
2. Seconde différence
Le tissu adipeux n'est pas réparti aux mêmes endroits chez l'homme et chez
la femme. La frontière se situe à l'endroit du nombril.
Chez lui, ce tissu gras se trouve sur le haut du corps : cou, épaules,
poitrine et première partie du ventre, sur l'estomac. L'homme ne possède
qu'une fine couche de graisse sur les fesses et les cuisses.
Chez nous, c'est le contraire : la majeure partie de notre tissu
adipeux est répartie sur le bas du corps, à partir du dessous du nombril.
Fesses, hanches, cuisses sont les lieux qui en sont les plus habités. C'est ce
" caractère sexuel secondaire " - c'est ainsi que cette différence se nomme
scientifiquement même s'il peut être sexuellement attirant - qui nous crée
tant de soucis et contre lequel nous luttons obstinément.
Lorsque les kilos superflus sont trop nombreux, il s'agit alors
d'obésité et l'on distingue alors l'obésité androïde, la masculine et
l'obésité gynoïde, la féminine. Mais cette différence a ses exceptions : il
existe des hommes gynoïdes et des femmes androïdes. Il y a aussi des hommes et
des femmes chez qui la graisse est répartie partout, aussi bien en haut qu'en
bas.
3. Troisième différence
L'obésité gynoïde est moins dangereuse pour la santé que l'androïde. Les
femmes obèses se portent mieux et meurent moins que les hommes sauf quand leur
obésité s'est installée sur le haut. Ceci parce que la graisse androïde est
située plus en profondeur, elle enveloppe le cœur et les organes digestifs et
perturbe leur fonctionnement. Tandis que la graisse gynoïde se trouve plus en
superficie et ne perturbe pas ainsi le système cardio-vasculaire.
4. Quatrième différence
qui nous ramène aux temps des cavernes : la graisse du haut du corps fournit
de l'énergie beaucoup plus facilement que celle du bas qui renâcle à le faire.
L'homme avait besoin d'énergie rapidement disponible pour chasser et combattre
puisque c'était là son rôle. Chez la femme, le stock d'énergie était
nécessaire pour les enfants : il n'avait pas besoin d'être mobilisé à tout
moment, mais de rester en réserve et de libérer lentement son énergie pendant
les mois de grossesse et les années d'allaitement. Cela explique probablement
pourquoi, maintenant, au XXIe siècle, les hommes (qui depuis un temps certain
ne chassent plus et ne combattent plus pour se nourrir !) maigrissent souvent
plus vite et mieux que les femmes.
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par Paule Neyrat, diététicienne
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