Le rôle des hormones
Dans les premières années de la vie, la graisse des petits garçons et
celle des petites filles est également répartie sur tout le corps. Les bébés,
les très jeunes enfants sont potelés de la même façon.
Au moment de la puberté, la graisse des garçons change de place. Elle
diminue dans le bas du corps et augmente en haut. Celle des filles reste en
bas. Les hormones sexuelles ont frappé.
Après la ménopause, la graisse des femmes ne diminue pas vraiment du bas,
mais elle a tendance (si l'on grossit) en cas d'absence de traitement hormonal
substitutif, à se développer plutôt au-dessus du nombril.
Les hormones féminines, les œstrogènes et la progestérone, sécrétées
par les ovaires, stimulent la création des adipocytes situés sur les hanches
et les cuisses. Elles en augmentent aussi la taille : ces cellules sont plus
grosses, elles offrent ainsi une meilleure capacité de stockage.
Les hormones masculines, les androgènes, sécrétées par les testicules,
jouent le rôle inverse : ils freinent les adipocytes fessiers et tous ceux
situés dans cette zone.
Quand, vers la cinquantaine, les hormones féminines s'envolent, la
silhouette devient peu à peu plus androïde, plus masculine.
Rares sont quand même les femmes qui prennent une grosse bedaine comme les
hommes ! En effet, nos glandes surrénales sécrètent des hormones stéroïdes.
Celles-ci ont une structure chimique proche de celles des œstrogènes et de la
progestérone et notre tissu adipeux jouit de la faculté de les transformer
ainsi. Il ne fournit pas autant d'hormones féminines que les ovaires quand ils
fonctionnaient mais suffisamment quand même pour maintenir une situation
raisonnable en matière de silhouette.
Plus le stock de tissu adipeux est important, plus il y a de stéroïdes
transformés. C'est pourquoi les rondes gardent une silhouette féminine en
vieillissant alors que les maigres ont tendance à devenir plus masculines.
Quand la ménopause est neutralisée par un traitement hormonal substitutif (ce
qui est toujours souhaitable), rien ne change.
Les hormones sexuelles ne sont pas les seules à intervenir dans la
répartition et les capacités de stockage de nos adipocytes. D'autres hormones,
les corticoïdes et l'insuline s'en mêlent, ce qui ne simplifie pas vraiment
notre bataille anti-gras.
Les corticoïdes, sécrétés aussi par les glandes surrénales, ouvrent la
porte au stockage des graisses dans les adipocytes de l'abdomen. Même si ce
n'est pas l'endroit où le stock féminin est le plus important, il y a sur le
ventre, une couche de tissu adipeux dont les cellules ne demandent qu'à se
remplir. Or, ces corticoïdes se fabriquent sous l'influence du stress (on les
nomme souvent "hormones du stress").
Les montées d'adrénaline ne sont pas particulièrement favorables à un
ventre plat. Ni le tabac et l'alcool, qui vont souvent de pair avec le stress
: ils exercent la même action. Ce qui pourrait expliquer qu'il y ait des
ventres ronds (de gras, pas de " gonflette " digestive !), style grossesse de
quatre mois, même quand on est de poids normal...
Mais, bonne nouvelle, quand on ne mange pas, cette même adrénaline
s'empresse d'aller chercher les lipides stockés dans le ventre et de les
libérer pour fournir l'énergie manquante.
L'insuline, fabriquée par le pancréas, sous l'influence du glucose qui se
trouve dans le sang, ouvre largement et généreusement toutes les portes de
tous les adipocytes, où qu'ils se trouvent. Grâce à elle, ceux-ci croissent et
embellissent. Mais pas nous. Plus on mange, plus on secrète d'insuline, plus
on grossit.
Toute cette imbrication hormonale est fort compliquée et à vrai dire, on
n'en connaît pas encore toutes les arcanes. D'autant plus que nos gènes s'en
mêlent.
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par Paule Neyrat, diététicienne
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