|
Combien d’études, combien de conférences,
combien de combats faudra-t-il mener pour que demain, enfin,
chacun soit informé de l’importance de nos apports alimentaires
dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, des maladies
inflammatoires, et du cancer?
On sent depuis quelques années un net regain d’intérêt pour la
nutrition préventive.
Cette méthode dérange par sa simplicité, car elle montre du
doigt et en dehors des dogmes des laboratoires pharmaceutiques,
les bases de notre existence : « nous sommes ce que nous
mangeons ».
En France la cause de décès de 45 ans à 64 ans est
principalement le cancer (plus de 50% chez la femme).
Après 65 ans, la principale cause de mortalité est
cardio-vasculaire.
En 1980, la première étude sur les comportements alimentaires
montra une mortalité coronarienne très élevée en Finlande,
Etats-Unis et Hollande, mais moyennement élevée dans les pays
Méditerranéens : Italie, Yougoslavie et Crète (1).
On a remarqué aussi que la mortalité, toutes causes confondues,
y est deux fois moins importantes.
En 1986 aux Etats-Unis, l’étude MRFIT (2) montre une
mortalité coronarienne, ainsi qu’une mortalité globale, très augmentées quand
le taux de cholestérol est élevé.
Aussitôt les laboratoires pharmaceutiques, relayés par les médias, insistent
sur l’importance du taux de cholestérol dans le sang, en oubliant pendant 30
ans le rôle des triglycérides (les autres graisses importantes dans le sang).
Pourtant les crétois qui ont le même taux moyen de cholestérol que les autres
pays Méditerranéens, ont 15 fois moins de mortalité cardio-vasculaire.
En fait, pour un même taux de cholestérol, c’est le pourcentage de
consommation de graisses saturées qui change la mortalité cardio-vasculaire.
Deux faits viennent encore atténuer le rôle du cholestérol :
la Finlande a la plus forte mortalité, la crête a la plus faible mortalité, pourtant le cholestérol dans le sang est identique (3).
le taux moyen de cholestérol à Toulouse est identique aux Finlandais, pourtant la mortalité coronarienne, est bien moins élevée à Toulouse, pays du cassoulet.
Le cholestérol n’est donc pas le seul facteur de risque. On a sous estimé l’importance des triglycérides. Actuellement, parmi les 22 pays les plus industrialisés au monde, seule la mortalité coronarienne de la Grèce augmente :
La consommation de beurre y a doublé en 10 ans.
La consommation des produits laitiers y a augmenté de plus de 20%.
Dans notre sang on trouve principalement deux types de
graisses bien connues : cholestérol et triglycérides.
Pourquoi avoir occulté pendant 30 ans, l’importance des triglycérides par
rapport au cholestérol? Tout simplement, quand on parle de triglycérides, on
parle d’alimentation, on parle de prévention alimentaire, et non plus de
médicaments à prendre (contrairement au cholestérol). La vente de médicaments
rentabilise les études qui coûtent cher aux laboratoires.
Parmi les triglycérides, on distingue :
Les acides gras saturés (les mauvais pour la santé)
Les acides gras mono insaturés
Les acides gras poly insaturés (oméga3, oméga6, oméga9) dont on manque dans notre alimentation moderne.
On nous a laissé trop longtemps croire que les acides gras n’avaient qu’un
rôle de réserve énergétique (un simple stock de calories).
Or, les acides gras ont deux rôles majeurs :
ils déterminent le bon état des membranes des cellules, et donc une bonne nutrition et élimination de ces cellules (de bons échanges dans les tissus de l’organisme).
ils participent à la fabrication des certaines hormones de notre corps.
Après 15 ans de suivi, la mortalité coronarienne, cancer et
toutes causes confondues, est de loin une des meilleurs au monde (presque 3
fois mieux, avec environ 2 fois moins de cancers).
Partant de cette constatation, une étude lyonnaise en 1986, compare deux
groupes de personnes ayant déjà fait un infarctus (crise cardiaque).
Le premier groupe suit le régime prudent des cardiologues américains (American
Heart Association).
Le second groupe suit un régime et utilise une margarine spéciale.
Le régime donné pour cette étude est basé sur l’alimentation crétoise.
En regardant l’alimentation des crétois, on constate :
qu’il n’y a pas d’élevage bovins en Crète
qu’on y mange beaucoup de salade de pourpier, épinards, chou, noix (riches en acides gras insaturés).
D’autre part en comparant le sang des hollandais (à forte mortalité) et des
crétois, on s’aperçoit que celui des crétois possède un taux de certains
acides gras insaturés bien supérieur.
Il est donc décidé de donner pour l’étude une margarine proche de l’huile
d’olive, enrichie en ces acides gras insaturés, pour remplacer beurre et
huiles.
Les principes alimentaires suivants sont donnés :
Utiliser plutôt du lait écrémé
Manger des fromages de chèvre et de brebis
Prendre les yaourts et fromages blancs pauvres en matières grasses
Manger davantage de pain et de céréales
Manger plus de légumes et de fruits
Un seul repas de viande ou de poisson par jour
Oter la graisse visible de la viande
Du poisson 2 fois par semaine
3 à 4 œufs par semaine.
En fait, la margarine expérimentale donnée possède une composition en acide
gras proche de l’huile de colza. Aujourd’hui, on préconise donc d’employer les
deux huiles : colza et olive (premières pressions à froid).
Début de l’étude en 1988
Lors de la première réunion du comité scientifique en mai 1991, les résultats
dont déjà exceptionnels.
En 1993
Elle montre une baisse de 70 % à 80 % des événements cardio-vasculaires chez
les personnes respectant le régime. L’étude est alors arrêtée pour des raisons
d’éthique...
Résultats publiés en 1994
Groupe témoin : 16 décès d’origine cardiaque, dont 8 morts soudaines
Groupe expérimental : 3 décès seulement (et encore, ceux-ci ne suivaient pas
le régime, et ne sont jamais venus chercher la margarine expérimentale),
aucune mort soudaine.
Actuellement, le milieu médical a encore le réflexe
d’utiliser abondamment les examens biologiques et cliniques, les médicaments
(et un peu le conseil alimentaire chez certains). Or si nous comparons toutes
les études réalisées, les études d’interventions nutritionnelles, ont des
résultats nettement supérieurs à celle des études d’intervention
médicamenteuse.
Les études d’envergure faites sur certains médicaments anti-cholestérol très
connus ont été un énorme échec (4).
Elles n’ont pas fait mieux que le simple fait de manger du poisson gras 2 fois
par semaine !
L’énorme étude GISSI (5) démontre des résultats équivalents aux médicaments,
mais sans effet secondaire avec seulement l’absorption d’un gramme de graisse
insaturée par jour (acides gras Oméga3).
Nous citerons également, la diète Indo-Méditerranéenne avec des résultats
encore supérieurs.
Devant une logique de marché économique, médecins et patients doivent être
vigilants et conserver une réflexion devant les informations fournies par les
laboratoires pharmaceutiques.
Il faut systématiquement mettre en place un conseil nutritionnel en complément
de la thérapeutique, devant toutes ces maladies.
Cette prise de conscience doit être harmonieuse et universelle. Elle
facilitera la tâche des médecins lors des consultations.
Ceci est un espoir, ce sera une bataille ô combien difficile, tant il est vrai
que l’intervention nutritionnelle ne fait pas les affaires de l’industrie
chimique...
1. 1980 par ANCEL KEY et COLL.
2. 1986 Etats-Unis, l’étude MRFIT (MORTEN et COLL)
3. étude MONICA patronnée par L’OMS
4. Heart Protection Study (HPS) LANCET 2002 (Simvastatine)
Lipid Lowwering, statine and CHD JAMA 2002 (Fluvastatine)
Etude PROSPER LANCET 2002 (Pravastatine)
5. The GISSI-PREVENTION TAIAL LANCET 1999
Estheweb avec le Docteur Charles VITELLO.
Copyright
estheweb© 2003.
Reproduction interdite.









