Nous
sommes remplis de tuyaux ! La veine en est un dans lequel le
sang se précipite vers le cœur. Pour assurer un bon écoulement
du sang, la paroi de la veine est tapissée de fibres élastiques.
L’étirement de ces fibres peut, dans certains cas ne plus
reprendre sa forme initiale ; cette vergeture diffuse d’une
partie ou de la totalité de la veine est une varice.
Deux « familles » de varices sont actuellement recensées. Tout
d’abord, la pression exercée par le sang est plus forte que les
fibres élastiques qui lâchent ou cassent. Ce sont des « varices
de pression ». Parallèlement, le mécanisme de fonctionnement
élastique de la fibre est déficient (origine hormonale, physique
ou chimique); ce sont des « varices de paroi ».
Dans la vie courante, les deux cas peuvent se rencontrer
simultanément. C’est l’exemple souvent cité de la femme enceinte
et qui, tout au long de sa grossesse, voit son taux d’hormones
croître. Ces hormones jouent un rôle déterminant sur le tissu
élastique cutané, cartilagineux (osseux) mais aussi sur la paroi
veineuse, créant ainsi des varices de paroi. Parallèlement, le
bébé grossit dans l’utérus. Vers le 3e mois, il comprime les
vaisseaux, notamment les veines de retour du sang vers les
membres inférieurs, créant ainsi des varices de pression.
Tout juste ! Dans le cas d’une maladie de paroi, n’importe
quelle veine peut se dilater et se muer en une hideuse varice ! On peut citer
l’exemple de cette dame venue consulter pour une énorme varice au bras apparue
à la suite d’une chute de son échelle sur cette partie du corps. Aujourd’hui,
l’exérèse des varices se pratique même au niveau des paupières, front, cou,
pubis, verge, bras, avant-bras, face dorsale de la main.
Le sang part du cœur vers le membre inférieur qu’il irrigue
par les artères, les artérioles et les capillaires. Là il repart par les
veinules, veines de petit, moyen et gros calibre. Des valvules sont placées
aux endroits stratégiques pour empêcher le sang de faire demi-tour ! Dans le
membre inférieur, tout le sang est collecté dans une ou plusieurs veines
profondes qui circulent près des os, et qui portent d’ailleurs leur nom.
Les vaisseaux profonds :
Les vaisseaux serpentent le long des os au plus profond du membre, bordés par
l’artère et les muscles. Ils représentent à eux seuls 98% du retour sanguin.
Leur diamètre va de 0,5 à 1,5 cm et ils portent le nom de l’os qu’ils
parcourent.
Les vaisseaux superficiels :
Deux de ces vaisseaux sont bien connus des sujets à varice mais souvent mal
situés. Ce sont la saphène interne et externe. L’interne n’est pas une veine
profonde, et ne porte ce nom que parce qu’elle est située du côté interne du
membre. L’externe, comme son nom l’indique se situe sur le côté externe du
membre, à l’extérieur de la jambe. Les autres vaisseaux sont répartis en
maille réticulée. Lorsqu’ils se jettent dans une autre veine de peau, ils
prennent le nom de « veines collatérales » , de « veines perforantes »
lorsqu’ils s’écoulent vers la profondeur.
Les perforantes :
Les veines perforantes assurent le drainage du sang superficiel vers les
vaisseaux profonds. En moyenne, mais le chiffre varie d’un individu à l’autre,
il en existe 174. .
La varice est une veine malade qui joue mal son rôle de
conducteur du sang vers le cœur. Imaginez une rivière qui recevrait l’eau d’un
fleuve… A l’intérieur des veines, des valvules, nous l’avons vu, empêchent le
flux sanguin de rebrousser chemin. Lorsque la veine est dilatée, les valvules
ne peuvent plus fermer hermétiquement le passage et le sang, soumis à des
pressions supérieures, retourne vers le pied (zone déclive).
La paroi de la veine, distendue, augmente progressivement de diamètre et les
premières complications apparaissent…
La peau, de moins en moins irriguée, va se nécroser et provoquer l’apparition
d’un ulcère. Elle peut également se noircir, se durcir, telle une botte ou une
guêtre. Si le sang stagne dans ces lacs veineux, la paroi peut s’enflammer,
créant ainsi une veinite, ou paraphlébite. Par la suite, le sang coagule dans
cette varice provoquant un thrombus (caillot), signe évident de phlébite. S’il
se déplace ou évolue de part en part, il devient extensif. Si au contraire il
s’isole, et se fait entraîner dans la circulation profonde, il devient 'embol',
créateur d’embolie. De plus, la présence en trop grand nombre d’éléments
toxiques résiduels dans la varice est à l’origine d’eczéma, très localisé ou
généralisé. Attention donc aux blessures de ces varices dilatées
particulièrement fragiles pouvant entraîner une hémorragie, sans oublier bien
sûr le facteur esthétique, si cher à l’être humain !
Huit patients sur dix posent cette sempiternelle question !
Vous n’êtes donc pas le (ou la) seul à vous angoisser… Mais, pour mieux
comprendre, un chouïa d’anatomie est nécessaire. Les vaisseaux enlevés ne sont
que des varices superficielles, correspondant aux 2 à 3% de la circulation
d’un membre. Rappelons que la saphène interne est une veine superficielle qui
circule sous la peau et ne représente, en temps normal, que 1% de la
circulation générale. Ainsi, le fait d’enlever une varice ne perturbe en rien
la circulation du membre, sauf évidemment si le réseau profond est détruit !
Sans vouloir remplir les salles d’attente à tout
prix, la première chose à faire est de consulter un angiologue (spécialiste
des vaisseaux) !
En effet, les douleurs ressenties aux membres inférieurs peuvent avoir
plusieurs origines, nerveuses, osseuses, articulaires, musculaires ou
artérielles. Lors d’un examen minutieux, il arrive fréquemment au praticien de
renvoyer le patient chez un rhumatologue, un médecin physique, un généraliste
ou même un ostéopathe par exemple si la douleur au mollet en question s’avère
être une douleur au nerf sciatique ou une atteinte d'un ligament du genou.
Aujourd’hui, il est impensable qu’un bilan associant échographie et doppler ne
soit pas pratiqué. Il va également de soi que le bilan classique doit être
complet : recherche des antécédents familiaux et personnels, compréhension des
symptômes que ressent le patient, visualisation des lésions, investigation
manuelle. L’intérêt de l’échographie est de visualiser la varice, son
diamètre, son irrégularité de paroi, son contenu et sa souplesse. Le Doppler
enregistre la circulation du sang. Cet examen ultrasonique permet le bilan des
vaisseaux profonds. Au moindre doute une phlébographie est conseillée (examen
radiologique).
auf évidemment si le réseau profond est détruit !
S’il est vrai qu’une varice peut être isolée, elle est
fréquemment le reflet d’une lésion de valve (sur une veine plus gosse) à
distance. Traiter cette varice ne suffirait donc pas, il est nécessaire d’en
éliminer les causes. Ne soyez donc pas surpris si le phlébologue en qui vous
avez toute confiance vous propose de vous enlever la saphène pour une petite
boule au mollet !
Un éveinage est-il définitif ?
Une varice correctement enlevée (le terme est important) ne peut plus revenir
! Parfois, lors de l’acte chirurgical, la varice casse. Un fragment reste sous
la peau et votre varice réapparaît ; il s’agit là d’une incomplète opération.
En revanche, vu la quantité de veines existant sur le membre inférieur,
d’autres varices peuvent se créer. Parfois même, vous disposez d’un double
circuit : l’un enlevé, l’autre apparaît…. En tout état de cause, il est
nécessaire de ne pas oublier que toute veine peut se transformer en varice un
jour, hélas …
Dois-je suivre une hygiène de vie particulière ?
Si vous êtes prédisposé aux varices et en particulier si vos parents en
souffrent, vous devez alors vous imposer une hygiène de vie soignée.
Choisissez un métier qui ne vous impose pas de station debout prolongée, ne
vous exposez pas à la chaleur, ne vous serrez pas dans vos vêtements et ne
pratiquez pas de sports qui obligent des démarrages violents, comme le
football ou le tennis.
De plus, de nombreux médicaments ont un effet désastreux sur la paroi
veineuse, telle la pilule contraceptive par exemple. En fin surveillez votre
alimentation, en évitant si possible les protéines animales.
Tout d’abord, ne comptez pas sur les médicaments, comme les
phlébotoniques, par exemple. Certes, ils vous aideront à diminuer vos
douleurs, vous lourdeurs mais n’empêcheront en aucun cas la formation de
varices !
Tout comme la mésothérapie qui est assez efficace pour les douleurs des jambes
(injection locale des médicaments cités précédemment), ainsi que la
phytothérapie, par l’usage de vigne rouge, marronnier, hamamélis, mélilot,
cassis, etc…
Enfin l’homéopathie conviendra parfaitement à certains patients, tout comme
l’acupuncture. Après tout, à chacun sa sensibilité !
Mais dans la majorité des cas, dirigez-vous vers les phlébologues qui
sclérosent ou enlèvent les varices.
Non ! Scléroser revient à espérer que la paroi veineuse
sera détruite et que l’organisme créera à la place une cicatrice, une fibrose.
Deux méthodes sont alors usitées : le froid qui permet de congeler (de brûler
la paroi) la veine, ou les produits chimiques qui enflamment cette paroi. En
clair, scléroser c’est créer une phlébite et si besoin, l’incision pratiquée
après la sclérose correspond à l’extraction du thrombus sclérosé.
Malheureusement la sclérose n’est pas un acte évident. Elle dépend de
l’épaisseur de la paroi, du diamètre de la veine, de la réaction de la
concentration du produit sur la paroi et de l’habileté du « scléroseur ». Son
résultat ne peut être positif à 100 % car 30 % des varices sclérosées se
reperméabilisent. Le sang repasse à nouveau dans la veine précédemment traitée
dont la paroi est désormais lésée, fragile, cassante ou dure, sans élasticité.
Qui dit anesthésie locale dit pas d’hospitalisation ! On évite également tout risque de choc allergique, donc on ne peut qu’en penser du bien ! Une confusion est faite en effet, entre le choc anaphylactique et le syndrome vagal qui concerne les sujets sensibles, anxieux, qui ne se sentent pas bien. Attention, on ne parle pas ici d'anesthésies péridurales, neuroleptiques ou analgésiques. Le sujet ne reçoit aucune drogue lui faisant perdre conscience. Dans le cas présent, tout le travail consiste à anesthésier la peau en regard de la veine.
par la rédaction d'estheweb et le Dr V.
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