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La chirurgie esthétique et la sécurité des patients

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Selon une étude de l’OMS (2008), le taux de mortalité en lien avec les actes chirurgicaux dans les pays industrialisés serait de 0,4 à 0,8%. Même si les taux de complications postopératoires sévères varient de 3 à 16%, la France est aujourd’hui leader mondial de la sécurité des patients en chirurgie esthétique. La raison ? La loi qui régit la discipline dans notre pays est particulièrement stricte.

 

N’est pas chirurgien esthétique qui veut

Tout d’abord, le futur chirurgien esthétique doit se former. Au minimum, 13 années sont nécessaires pour prétendre au titre : 6 ans d’études de médecine, 5 ans de spécialisation chirurgicale après le concours de l’internat, et enfin 2 ans (clinicat ou assistanat) de sur-spécialisation en chirurgie plastique et esthétique. Ensuite, il doit pouvoir obtenir la reconnaissance de l’Ordre National des Médecins pour cette profession qui est une obligation depuis 1989. Son numéro de qualification doit ensuite pouvoir être clairement identifié sur tous les documents qu’il utilise, afin de garantir la légitimité de l’exercice de sa profession.

Toutefois, la reconnaissance s’élargit à certains médecins qui peuvent également pratiquer des interventions de chirurgie plastique à partir du moment où celles-ci restent dans le champ de leur spécialité : les urologues peuvent ainsi pratiquer la pénoplastie, les gynécologues les reconstructions mammaires, les médecins ORL les liftings, otoplasties et autres rhinoplasties

Un risque anesthésique quasi nul

Avec les prodigieuses avancées en matière d’anesthésie, que ce soit au niveau des produits administrés qui permettent des réveils de plus en plus rapides, du matériel de haute technologie, des protocoles de contrôles ou encore des techniques désormais nettement plus sûres, le risque de complications a considérablement été réduit ces 20 dernières années.

D’ailleurs, la plupart des actes de chirurgie esthétique n’ont pas recours à l’anesthésie générale, réduisant de fait les risques.

Le contrôle des établissements hospitaliers

La loi exige depuis 2005 que les chirurgiens pratiquent leurs interventions en milieu hospitalier. Les établissements doivent avoir l’agrément du Ministère de la Santé. Afin de l’obtenir, et le conserver, leurs matériels, l’hygiène et la sécurité sont périodiquement contrôlés.

De plus, l’autorisation du chirurgien plastique et esthétique de pratiquer dans ces établissements publics ou privés doit être renouvelée chaque année.

L’information aux patients

Aucun médecin n’a le droit d’intervenir sans le consentement de son patient. A plus forte raison, ce principe vaut également pour les actes de chirurgie esthétique qui, par définition, ne sont ni obligatoires, ni urgents. Le praticien doit par conséquent recueillir l’accord du patient. Au-delà de la signature du document de consentement opératoire, la loi exige également que le chirurgien esthétique informe de manière précise, compréhensible et exhaustive les tenants et aboutissants du projet au patient et il a l’obligation de répondre à toutes ses interrogations.

La loi oblige un délai de 15 jours entre la remise du document de consentement opératoire et sa signature. Ce sont les parents ou tuteurs légaux qui doivent apposer leur signature dans le cas d’actes chirurgicaux sur des mineurs (particulièrement en ce qui concerne l’otoplastie, chirurgie esthétique la plus pratiquée chez les enfants).

Par le Dr David Picovski, chirurgien plasticien à Paris.