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Quand est-on obèse ?

on . Posté dans Maigrir-Perdre du poids

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Définir l'obésité est moins simple qu'il n'y paraît. L'une des particularités de l'obésité est son caractère visible. Le poids souhaité par les uns (les patients) n'est pas forcément le poids souhaitable pour les autres (les soignants). Dans ce domaine, la pression sociale et médiatique est considérable (" l'idéal minceur "). Pour simplifier et établir des repères qui permettront d'effectuer des comparaisons, un indice simple est utilisé actuellement pour évaluer la corpulence : l'indice de masse corporelle (IMC). L'IMC est égal au rapport du poids (en kilos) sur le carré de la taille (en mètres).

Indications

Par exemple, si vous faites 100 kg pour 1m70, votre IMC est d'environ 34 kg/m2.Chez l'adulte, on considère que l'intervalle d'IMC le moins risqué pour la santé se situe entre 18,5 et 25 kg/m2 ; la surcharge pondérale correspond à l'intervalle d'IMC situé entre 25 et 30 kg/m2, et l'obésité est définie par un IMC supérieur à 30 kg/m2, entraînant une augmentation significative de risques de complications et de mortalité. Il faut comprendre que l'IMC indique, dans un premier temps, le degré de surpoids global, mais qu'il est aussi l'estimation d'un certain degré de risques pour la santé. Toutefois, un même IMC peut correspondre à des situations individuelles très différentes.

En utilisant le critère d'un IMC supérieur à 30 kg/m2, le nombre de cas d'obésité est estimé en France entre 7 et 10 % de la population adulte, et ce, pour les deux sexes. Ces chiffres sont nettement inférieurs à ceux relevés aux États-Unis : 20 % chez les hommes et 25 % chez les femmes.

La France paraît donc relativement épargnée par ce qui a été appelé " l'épidémie mondiale d'obésité ". Cependant, des tendances relevées chez les enfants de certaines régions françaises peuvent laisser présager une future augmentation de l'obésité chez l'adulte. Cette situation est préoccupante, du fait des nombreuses complications que peut entraîner l'obésité.

En dehors des diabètes de type 2 et des dyslipidémies (qui sont très fréquents), les principales complications possibles observées chez les patients obèses (pour lesquels existe un risque nettement plus grand que chez les sujets de poids normal) sont : le syndrome d'apnée du sommeil, les maladies coronariennes associées à l'hypertension artérielle, la gonarthrose, la pathologie vésiculaire, l'hyperuricémie et la goutte.

Si les complications générées par l'obésité sont multiples, les causes qui mènent à l'excès de poids sont elles aussi très diverses. De nombreuses influences, nutritionnelles bien sûr, mais aussi génétiques, métaboliques et également psychologiques, vont interagir, dans des proportions variables, pour déterminer le gain de poids d'un individu donné.

Cette situation complexe ne facilite pas le travail des soignants qui doivent prendre en compte chaque cas comme étant particulier. La prise en charge de l'obésité, maladie chronique, n'est pas seulement pondérale mais a pour objectif, à long terme et de façon globale, l'amélioration de l'état de santé et de la qualité de vie des patients. Le soutien psychologique fera donc partie intégrante du traitement.

La démarche thérapeutique s'inscrira dans la durée et devra être périodiquement réévaluée. D'ailleurs, la fréquence des contacts du patient avec les différents intervenants est un facteur pronostique reconnu dans l'évolution pondérale. Dans tous les cas, la prévention du gain de poids et le traitement des complications devront être considérés comme les véritables buts du traitement, dans une pathologie qui tend à évoluer spontanément vers une aggravation progressive.

par le Dr Jean-Michel Oppert, Hôtel-Dieu, Paris