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Qu'est-ce qui fait grossir les femmes ?

on . Posté dans Maigrir-Perdre du poids

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On a beau célébrer les femmes un jour par an, voter des lois pour établir la parité, l'égalité entre les hommes et les femmes en matière de poids et de graisse n'existe pas. Les femmes possèdent beaucoup plus de tissu adipeux que les hommes. Ce dossier, écrit par Paule Neyrat nutritionniste, vous informe sur les principaux facteurs favorisant la prise de poids chez la femme. 

 

 

Le tissu adipeux

Le poids du tissu adipeux

Le rôle des hormones

Le rôle de l'alimentation

Le rôle du psychisme

Les kilos "yo-yo"

Les kilos du cycle hormonal

Les kilos de la contraception

Les kilos de l'arrêt du sport

L'influence de l'hérédité

Le poids des grossesses

Sérotonine et kilos

Et la cellulite ?

Prendre du poids, est-ce une fatalité ?

Le tissu adipeux

C'est le nom scientifique, à vrai dire peu élégant, donné à la graisse quel que soit le corps qu'elle habite. Lorsque vous vous apprêtez à cuire ou à déguster une entrecôte, elle est généralement bordée d'une épaisse couche de gras. C'est le tissu adipeux du bœuf (ou de la vache) où se trouvait, quelques jours auparavant, cette tranche de viande. Les filaments blancs et gras qui " persillent " ce morceau sont aussi du gras. Il en est de même sous votre peau, autour et dans vos muscles et certains de vos organes.

Bien qu'il soit très inégalement réparti, ce tissu adipeux est installé partout dans votre corps, sauf sur le dessus du crâne, des mains et des pieds. Il est facile de vous en rendre compte : tâtez. Là où vous sentez l'os sous vos doigts, il n'y a pas de gras. Saisissez, entre le pouce et l'index, un endroit, n'importe lequel, de votre ventre ou de vos cuisses : le pli qui se forme, c'est de la graisse.

Ce tissu adipeux vous agace, vous incommode quand il est devenue trop envahissant. Mais quand il est insuffisant, ce n'est pas mieux. Un corps décharné est horrible.

On oublie souvent qu'une des fonctions de la graisse est esthétique : c'est elle qui donne ses formes au corps. Son autre fonction est d'être un réservoir de calories, d'énergie.

Le poids du tissu adipeux

1. Première différence

Chez un homme, le tissu adipeux représente 12 % environ de son poids normal, chez la femme ... 25 %, sans qu'elle ait des kilos en trop pour autant.. Ainsi, un homme mesurant 1 m 73 et pesant 70 kg possède de 8 à 10 kilos de graisse. Ce stock est de 12 à 15 kilos pour une femme dont la taille est de 1 m 62 et le poids de 60 kg.

Une femme est normalement, physiologiquement deux fois plus grasse qu'un homme. La nature l'a décidé ainsi et à cela nous ne pouvons rien.

Que nous le voulions ou non, nous traînons le poids physiologique de notre sexe. Nous avons souvent tendance à oublier maintenant une réalité capitale : nous sommes faites, fabriquées, constituées avant tout, pour donner la vie et perpétuer l'espèce humaine.

Cette fonction demande de l'énergie pas seulement intellectuelle mais physique ! C'est pourquoi nous sommes équipées pour posséder de grandes réserves d'énergie afin de pouvoir non seulement fabriquer mais aussi nourrir des enfants en toutes circonstances, même si nous ne mangeons pas suffisamment.

Biberons, laits maternisés, contraception, tous ces moyens que nous avons mis en place pour dominer la maternité ne changent pas un fait : physiologiquement, nous sommes les mêmes que la femme des cavernes que son mec tirait par les cheveux pour la ramener au coin du feu cuire le mammouth qu'il venait de tuer et que, repus, il engrossait après qu'ils aient mangé (ou avant en attendant que le mammouth soit cuit !).

Cette femme nourrissait au sein ses enfants survivants jusqu'à ce qu'ils aient des dents pour pouvoir croquer des céréales et du mammouth. Elle devait donc avoir suffisamment de provisions d'énergie en elle, le mammouth étant rare, pour pouvoir fabriquer et nourrir ensuite ses enfants.

Nous avons fait beaucoup de progrès depuis, mais nous n'avons rien changé à notre condition physique de grasse. Une étude récente faite sur des femmes candidates à une procréation assistée a démontré que la graisse du bas (celle des cuisses et des hanches) favorisait leur fécondité.

2. Seconde différence

Le tissu adipeux n'est pas réparti aux mêmes endroits chez l'homme et chez la femme. La frontière se situe à l'endroit du nombril.

Chez lui, ce tissu gras se trouve sur le haut du corps : cou, épaules, poitrine et première partie du ventre, sur l'estomac. L'homme ne possède qu'une fine couche de graisse sur les fesses et les cuisses.

Chez nous, c'est le contraire : la majeure partie de notre tissu adipeux est répartie sur le bas du corps, à partir du dessous du nombril. Fesses, hanches, cuisses sont les lieux qui en sont les plus habités. C'est ce " caractère sexuel secondaire " - c'est ainsi que cette différence se nomme scientifiquement même s'il peut être sexuellement attirant - qui nous crée tant de soucis et contre lequel nous luttons obstinément.

Lorsque les kilos superflus sont trop nombreux, il s'agit alors d'obésité et l'on distingue alors l'obésité androïde, la masculine et l'obésité gynoïde, la féminine. Mais cette différence a ses exceptions : il existe des hommes gynoïdes et des femmes androïdes. Il y a aussi des hommes et des femmes chez qui la graisse est répartie partout, aussi bien en haut qu'en bas.

3. Troisième différence

L'obésité gynoïde est moins dangereuse pour la santé que l'androïde. Les femmes obèses se portent mieux et meurent moins que les hommes sauf quand leur obésité s'est installée sur le haut. Ceci parce que la graisse androïde est située plus en profondeur, elle enveloppe le cœur et les organes digestifs et perturbe leur fonctionnement. Tandis que la graisse gynoïde se trouve plus en superficie et ne perturbe pas ainsi le système cardio-vasculaire.

4. Quatrième différence

qui nous ramène aux temps des cavernes : la graisse du haut du corps fournit de l'énergie beaucoup plus facilement que celle du bas qui renâcle à le faire. L'homme avait besoin d'énergie rapidement disponible pour chasser et combattre puisque c'était là son rôle. Chez la femme, le stock d'énergie était nécessaire pour les enfants : il n'avait pas besoin d'être mobilisé à tout moment, mais de rester en réserve et de libérer lentement son énergie pendant les mois de grossesse et les années d'allaitement. Cela explique probablement pourquoi, maintenant, au XXIe siècle, les hommes (qui depuis un temps certain ne chassent plus et ne combattent plus pour se nourrir !) maigrissent souvent plus vite et mieux que les femmes.

Le rôle des hormones

Dans les premières années de la vie, la graisse des petits garçons et celle des petites filles est également répartie sur tout le corps. Les bébés, les très jeunes enfants sont potelés de la même façon.

Au moment de la puberté, la graisse des garçons change de place. Elle diminue dans le bas du corps et augmente en haut. Celle des filles reste en bas. Les hormones sexuelles ont frappé.

Après la ménopause, la graisse des femmes ne diminue pas vraiment du bas, mais elle a tendance (si l'on grossit) en cas d'absence de traitement hormonal substitutif, à se développer plutôt au-dessus du nombril.

Les hormones féminines, les œstrogènes et la progestérone, sécrétées par les ovaires, stimulent la création des adipocytes situés sur les hanches et les cuisses. Elles en augmentent aussi la taille : ces cellules sont plus grosses, elles offrent ainsi une meilleure capacité de stockage.

Les hormones masculines, les androgènes, sécrétées par les testicules, jouent le rôle inverse : ils freinent les adipocytes fessiers et tous ceux situés dans cette zone.

Quand, vers la cinquantaine, les hormones féminines s'envolent, la silhouette devient peu à peu plus androïde, plus masculine.

Rares sont quand même les femmes qui prennent une grosse bedaine comme les hommes ! En effet, nos glandes surrénales sécrètent des hormones stéroïdes. Celles-ci ont une structure chimique proche de celles des œstrogènes et de la progestérone et notre tissu adipeux jouit de la faculté de les transformer ainsi. Il ne fournit pas autant d'hormones féminines que les ovaires quand ils fonctionnaient mais suffisamment quand même pour maintenir une situation raisonnable en matière de silhouette.

Plus le stock de tissu adipeux est important, plus il y a de stéroïdes transformés. C'est pourquoi les rondes gardent une silhouette féminine en vieillissant alors que les maigres ont tendance à devenir plus masculines. Quand la ménopause est neutralisée par un traitement hormonal substitutif (ce qui est toujours souhaitable), rien ne change.

Les hormones sexuelles ne sont pas les seules à intervenir dans la répartition et les capacités de stockage de nos adipocytes. D'autres hormones, les corticoïdes et l'insuline s'en mêlent, ce qui ne simplifie pas vraiment notre bataille anti-gras.

Les corticoïdes, sécrétés aussi par les glandes surrénales, ouvrent la porte au stockage des graisses dans les adipocytes de l'abdomen. Même si ce n'est pas l'endroit où le stock féminin est le plus important, il y a sur le ventre, une couche de tissu adipeux dont les cellules ne demandent qu'à se remplir. Or, ces corticoïdes se fabriquent sous l'influence du stress (on les nomme souvent "hormones du stress").

Les montées d'adrénaline ne sont pas particulièrement favorables à un ventre plat. Ni le tabac et l'alcool, qui vont souvent de pair avec le stress : ils exercent la même action. Ce qui pourrait expliquer qu'il y ait des ventres ronds (de gras, pas de " gonflette " digestive !), style grossesse de quatre mois, même quand on est de poids normal...

Mais, bonne nouvelle, quand on ne mange pas, cette même adrénaline s'empresse d'aller chercher les lipides stockés dans le ventre et de les libérer pour fournir l'énergie manquante.

L'insuline, fabriquée par le pancréas, sous l'influence du glucose qui se trouve dans le sang, ouvre largement et généreusement toutes les portes de tous les adipocytes, où qu'ils se trouvent. Grâce à elle, ceux-ci croissent et embellissent. Mais pas nous. Plus on mange, plus on secrète d'insuline, plus on grossit. Toute cette imbrication hormonale est fort compliquée et à vrai dire, on n'en connaît pas encore toutes les arcanes. D'autant plus que nos gènes s'en mêlent.

Le rôle de l'alimentation

Néanmoins, les gènes ne portent pas toujours la responsabilité du poids.

Si maman vous a gavée - ou vous a laissée vous gaver - quand vous étiez enfant, si elle était une mère angoissée qui pensait que tous les problèmes se règlent en mangeant, si elle vous consolait à coup de sucreries, elle a contribué à installer en vous quelques milliards d'adipocytes.

Elle vous a fait en même temps le cadeau empoisonné de vous donner de mauvaises habitudes alimentaires. Si maman a été parfaite mais qu'elle adorait faire la cuisine, si vous êtes né dans une famille où "la grande bouffe" était quotidienne, il en est de même, hélas.

Des adipocytes, vous ne pouvez vous débarrasser : ils échappent totalement à votre volonté. Ce qui n'est pas le cas des mauvaises habitudes.

Dans la grande majorité des cas, l'origine des kilos gênants se trouve impitoyablement dans l'alimentation. Même si vous avez l'impression de ne pas manger beaucoup. Ceci est un constat rassurant : il est bien plus facile de mincir quand on a pris conscience de ses erreurs alimentaires. Il est aussi beaucoup plus facile de conserver cette minceur quand on a pris le temps nécessaire pour modifier ses habitudes alimentaires. La fatalité héréditaire n'intervient pas ce qui simplifie quand même le déroulement de cette aventure de longue haleine qu'est l'amincissement.

Le rôle du psychisme

Pourquoi existe-t-il des femmes à qui un chagrin ou le stress coupe l'appétit ? Pourquoi d'autres éprouvent-elles le besoin de se remplir de nourriture et de boissons à la moindre contrariété ?

Sans aller à des situations extrêmes comme l'anorexie et la boulimie qui relèvent d'un traitement psychothérapique, égalité et justice ne règnent pas non plus dans ce domaine.

Certaines femmes ne peuvent résister à l'odeur d'un poulet rôti : quand elles la hument sur un trottoir, devant un boucher ou un charcutier, leurs pas les guide vers le boulanger le plus proche. D'autres se régalent de cette odeur mais continuent tranquillement leur chemin.

Il y en a qui vont au cinéma ou qui appellent une amie, à la fin d'une mauvaise journée et d'autres qui achètent un gâteau quand leur chef de bureau a été insupportable.Il y en a qu'un divorce rend squelettique et d'autres qui prennent quinze kilos dans les mois suivants. Les joies de la vie peuvent aussi être source de kilos. Chez certaines, tout évènement heureux, le moindre plaisir, se fêtent... en mangeant tandis que d'autres vont s'offrir un parfum ou un vêtement.

Les kilos "yo-yo"

Faire un régime et mincir, reprendre une partie des kilos perdus, recommencer quelques mois plus tard un autre régime pour mincir à nouveau... la succession de régimes amincissants, de poids perdu et retrouvé, finit par installer des kilos de plus en plus difficiles ensuite à déloger.

On ne manipule pas son corps impunément. Il se souvient qu'il a auparavant été privé et malmené quand le régime était déséquilibré, ce qui est souvent le cas dans les régimes express, quels qu'ils soient : fruits, Atkins et autres.

Après chaque cure, on retrouve forcément ses mauvaises habitudes alimentaires : celles qui ont été à l'origine du poids. On reprend non seulement les kilos perdus mais un ou deux de plus. Comme si l'organisme voulait se protéger d'une prochaine privation.

Il y en a donc plus à éliminer lors du régime suivant. Que l'on a de plus en plus de mal à faire partir. Qui obligent à se priver encore plus. Plus on fait de ces régimes sans suite, sans enchaîner sur une alimentation bien équilibrée, plus ces kilos s'accumulent. C'est cela que l'on appelle les "kilos yo-yo". Il faut une grande patience, mais on peut arriver à les éliminer définitivement.

Les kilos du cycle hormonal

Le cycle hormonal modifie souvent l'appétit. Généralement, on a beaucoup moins faim pendant la période des règles et celle des jours qui précédent l'ovulation alors que l'on peut être victime de fringales au cours de la deuxième moitié du cycle.

Les œstrogènes, dont la sécrétion est plus importante pendant la première moitié du cycle, diminuent plutôt l'appétit alors que la progestérone (dont la sécrétion prédomine pendant la deuxième moitié) l'augmente.

L'alternance entre la sécrétion de ces deux types d'hormones est l'essence même du cycle hormonal. Un kilo normalement pris pendant les deux dernières semaines se perd au cours des deux semaines suivantes. Quant tout va bien... quand ce cycle n'est pas perturbé. Malheureusement, pour toutes sortes de raisons dont beaucoup sont encore ignorées, il peut se révéler fort capricieux.

Une des actions des œstrogènes est de faciliter le stockage des graisses dans les adipocytes de vos cuisses et de vos fesses, donc de bien approvisionner ce stock la pendant la période (première moitié du cycle) avant une éventuelle conception d'un bébé puis sa nidation (on en revient toujours à la femme des cavernes..). Pour peu que vous ayez une sécrétion un peu trop importante de ces hormones, les kilos s'installent.

Ces œstrogènes agissent aussi sur l'eau de votre corps. Ils peuvent induire une rétention d'eau et de sodium, pendant cette même période. On prend du poids, mais ce n'est pas du poids de graisse. Quand leur sécrétion diminue, tout rentre dans l'ordre. Le poids pris disparaît en quelques heures ou quelques jours, il n'y a pas de normes.

Mais ces quelques centaines ou milliers de grammes supplémentaires donnent des sensations de gonflements fort désagréables. Ce fait est une des nombreuses manifestations du syndrome pré-menstruel, phénomène déplaisant et complexe qui garde toujours bien des mystères.

Les kilos de la contraception

Une grande majorité de femmes sous contraception hormonale ne prennent pas de poids. D'autres, hélas, grossissent. La pilule, qui apporte des hormones sous forme de médicament, modifie l'équilibre hormonal naturel. Celui-ci est strictement individuel, très particulier à chaque femme. Nous ne sommes pas des machines et nous réagissons différemment à un apport chimique étranger. Telle ou telle pilule peut donner faim ou mal au cœur à l'une et pas à l'autre. De même qu'elle peut aussi ralentir son activité physique, modifier ses dépenses énergétiques.

C'est ce qui explique que pour une même marque de pilule, les effets physiologiques puissent être différents selon les femmes. Si la sensation de faim augmente, on mange alors plus et l'on grossit. Il est plus difficile de s'apercevoir d'un petit ralentissement physique, insidieux. On constate alors que l'on s'arrondit alors que l'alimentation n'est pas modifiée.

Seule solution : retourner très vite chez son gynécologue et trouver la pilule la mieux supportée, sans effet sur le poids. Puis... se mettre au régime pour perdre ces kilos.

Mais l'on peut aussi s'arrondir sans que la pilule n'ait la moindre conséquence physiologique ou même après la pose d'un stérilet. Celui-ci ne modifie pourtant en rien l'équilibre hormonal. Là, il ne s'agit plus de physiologie ni de chimie, mais de psychologie et nous entrons alors dans le dédale de nos contradictions féminines. Nous ne voulons pas d'enfant.. enfin, pas maintenant. Mais nous sommes faites pour en engendrer : la femme des cavernes rôde toujours en nous !

En choisissant de maîtriser notre pouvoir de reproduction, en stérilisant momentanément nos ovaires, en niant ainsi une part de notre féminité, nous exerçons sur nous une castration.

D'où un déséquilibre qui s'installe en nous, dont nous ne sommes pas forcément conscientes mais qui nous conduit à trouver ailleurs une compensation, un besoin de nous remplir... en mangeant.

Les kilos de l'arrêt du sport

Plus on pratique un sport, plus on dépense d'énergie, c'est évident. Les besoins énergétiques étant importants, on mange en conséquence pour les satisfaire. Ce qui est tout à fait normal.

On prend l'habitude d'une alimentation copieuse et riche. Nul besoin de faire attention puisque l'on ne grossit pas. Très souvent, lorsque la pratique du sport s'arrête brutalement, pour une raison ou une autre, blessure ou changement de rythme de vie, on garde la même alimentation : tout simplement parce qu'on en a l'habitude.

La dépense énergétique est diminuée mais l'apport calorique demeure le même. Inévitablement, on prend du poids. Mais si l'on pense alors à moins manger, si l'on s'astreint à diminuer son quota de calories, alors on ne grossit pas.

L'influence de l'hérédité

L'obésité est un tel fléau depuis cinquante ans qu'elle a mobilisé - et continue de le faire - la recherche médicale.

Pendant des dizaines d'années, on a étudié les familles de gros, les familles de normaux et les familles de minces pour comprendre pourquoi certaines personnes transformaient plus ou moins vite et facilement en énergie tout ce qu'ils absorbaient tandis que d'autres en accumulaient une partie et grossissaient.

Le développement de l'étude de la génétique, au cours des dix dernières années, a permis aux chercheurs d'identifier peu à peu les gènes qui interviennent dans le complexe métabolisme de nos lipides et dans la genèse de nos kilos. Ce travail n'est pas terminé. Le temps semble encore lointain où l'on pourra modifier tel ou tel gène responsable ou introduire chez un individu le gène de la minceur, s'il existe !

Qu'il y ait des gènes qui nous donnent plus d'appétit ou moins de tel ou tel enzyme incitant les lipides à brûler et à ne pas se stocker aussi facilement, ne change rien, pour le moment, à notre problème.

Personne ne peut hélas modifier son patrimoine génétique. Si l'on a une père ou une mère trop gros, on a bien des (mal)chances de porter leurs gènes. Le risque de grossir est estimé à 40 %. Si papa et maman sont tous deux au-dessus de leur poids normal, ce risque n'est plus partiel mais beaucoup plus élevé : 80 %. Cela n'est pas du tout juste, mais c'est ainsi et vous n'avez pas d'autre choix que de vous en accommoder.

Cela signifie malheureusement que vous bataillerez toujours avec des kilos prêts à s'installer et que votre vigilance alimentaire ne devra jamais se relâcher.

Le poids des grossesses

Aucune égalité, aucune justice là non plus.

Une femme de poids normal ou maigre peut prendre quinze à dix-huit kilos au cours d'une grossesse et n'en garder aucun dans l'année suivant son accouchement.

En revanche, une femme ronde avant la mise en route d'une maternité court beaucoup plus de risques d'en conserver deux ou trois ensuite.

L'hérédité pointe son nez dans cette affaire : si maman, si votre sœur aînée ont gardé des kilos-bébé, vous risquez d'en faire autant. Ce qui exigera de vous d'être plus vigilante que votre meilleure amie qui est aussi une ronde mais dont la mère est restée mince après quatre ou cinq bébés.

Tous les gynécologues et les accoucheurs sont d'accord pour estimer que la prise de poids d'une grossesse se situe entre dix et douze kilos. La moitié appartient au bébé, au placenta et au liquide amniotique et l'autre moitié à la mère.

Une partie de ces kilos maternels vient de l'augmentation du volume de l'utérus, des seins, du sang et de l'eau. Tous reprennent un poids normal dans les semaines qui suivent l'accouchement. Restent trois à quatre kilos de graisse. Elle s'est installée surtout au cours des deux premiers trimestres en prévision, sûrement, des dépenses énergétiques à venir. Celles, importantes, pour achever de fabriquer le bébé (c'est pendant le dernier trimestre qu'il grandit le plus), puis pour accoucher et enfin pour allaiter.

Ce processus est physiologique et il se déroule quel que soit l'alimentation pendant la durée de la grossesse. Un excellent moyen de perdre en partie ces kilos est d'allaiter son bébé tout en mangeant de façon équilibrée. La fabrication du lait consomme de l'énergie. Vous la puiserez dans celle qui est stockée dans le tissu adipeux de vos cuisses.

Mais comme tout s'est plus ou moins distendu, que vos muscles ont subi des outrages, il est nécessaire, après un bébé, de mettre de l'ordre dans vos abdominaux si vous ne voulez pas rester affaissée. En vous bougeant et en organisant bien votre alimentation, ces trois kilos devraient se faire oublier.

Sérotonine et kilos

Les neuromédiateurs sont des substances chimiques sécrétées par des neurones du cerveau et dont la mission est de transmettre des informations à d'autres neurones pour les faire fonctionner.

La sérotonine est l'un d'eux. Elle agit entre autres sur l'appétit, la satiété, l'humeur, le sommeil, le stress, en somme tout ce qui fait que l'on se sent bien ou pas bien.

Sa fabrication, dans le cerveau, est compliquée. Il faut d'abord une substance point de départ, un précurseur : c'est un acide aminé appelé tryptophane.

En principe, on n'en manque pas : ce tryptophane se trouve dans toutes les protéines d'origine animale (viandes, produits laitiers etc..). Mais pour qu'il puisse se transformer en sérotonine, être capté pour cette mission, il doit être en une bonne concentration dans les neurones. Et il ne peut l'être que si l'alimentation est riche en glucides. En fait, on a besoin de beaucoup de glucides pour fabriquer de la sérotonine.

Quand les repas n'en apportent pas assez, quand on se prive de pain (souvent pour ne pas grossir !) rien ne va plus du côté de ce neuromédiateur. L'envie instinctive d'un produit sucré vient souvent d'un impérieux besoin de sérotonine : on grignote et on se sent mieux ensuite, apaisé.

Cela arrive aussi lorsque les circonstances (stress violent ou permanent) mobilisent beaucoup de ce neuro-médiateur. Après une scène de ménage, on se rue sur une tablette de chocolat, même si l'on a absorbé suffisamment de glucides lors du repas.

Il existe un système de régulation qui fait que, lorsque la sérotonine est fabriquée, on n'éprouve plus ce besoin de sucre. Mais, chez certains, ce système ne fonctionne pas bien. C'est le cas chez les "carbohydrates cravers ", les affamés de sucre qui ont des pulsions incontrôlables vers les produits sucrés, qui craquent plusieurs fois par jour. Pour eux, les produits sucrés sont comme une drogue qui les apaisent.

Quelle qu'en soit l'origine, manque de glucides dans l'alimentation ou trouble du comportement alimentaire, ces pulsions sucrées pour fabriquer de la sérotonine déséquilibrent forcément l'alimentation, soit en apportant trop de glucides rapides, soit en apportant (avec les glucides) trop de gras, soit en apportant globalement trop de calories. Ce qui fait prendre du poids.

La cellulite

Rhinite, phlébite, gastro-entérite... le suffixe "ite" , en termes médicaux, signifie "inflammation". Le terme "cellulite" est impropre car il ne s'agit en aucun cas d'une inflammation des cellules. Vous pouvez avoir de grosses cuisses et de grosses fesses et pas de cellulite. Vous pouvez avoir des cuisses et des fesses quasiment normales et de la cellulite. Il existe des culottes de cheval cellulitiques et des culottes de cheval qui ne le sont pas.

Cuisses et fesses sont les parties de votre corps les plus riches en cellules graisseuses. Ce sont ces adipocytes qui se remplissent de lipides le plus facilement. Mais ce sont eux, aussi, qui les libèrent le moins facilement lorsqu'on a besoin d'énergie.

Tant que ces adipocytes sont pleins mais restent de taille normale, ils forment du tissu gras. Ils ne gênent pas la circulation : ni celle des petits vaisseaux sanguins qui se trouvent dans la peau, ni celle des vaisseaux lymphatiques. Ils ne gênent pas non plus l'échange d'eau et d'éléments nutritionnels entre les cellules. La peau est bien lisse.

Quand ces adipocytes se gorgent de gras, leur taille augmente. Ils bloquent alors toute cette circulation et tous les échanges. Peu à peu, ces cellules s'entourent d'une sorte de réseau fibreux qui emprisonne de l'eau et les déchets métaboliques.

Le résultat est l'augmentation de volume des cuisses et des fesses et l'apparition de la peau d'orange, typique de la cellulite. La cellulite s'installe d'autant plus volontiers que l'on est sédentaire, assise sur une chaise, dans un bureau, toute la journée et que l'on ne marche que pour aller s'asseoir dans sa voiture. La position assise ne favorise pas du tout la circulation dans les jambes, elle a plutôt tendance à la bloquer. Autant que l'excès alimentaire, l'inertie musculaire est à l'origine de l'installation de la cellulite.

Un régime amincissant, même le mieux équilibré, n'a guère de pouvoir sur la cellulite elle-même, c'est-à-dire sur la peau d'orange. Mais il en a sur la mobilisation des lipides enfermés dans les adipocytes pour les transformer en énergie.

Il existe une multitude de produits et de traitements physiques destinés à effacer la peau d'orange, à amincir les cuisses. Leur prix n'est pas forcément en rapport avec leur efficacité et la rapidité du résultat. Tous exigent d'être renouvelés périodiquement. Aucun n'est miraculeux, beaucoup relèvent de l'escroquerie. Ceux qui prétendent " détruire " les adipocytes engorgés sont mensongers : ces cellules se remplissent et se vident mais l'on garde toute sa vie le même stock.

Marche, jogging, vélo, natation, tennis, tous les sports qui font travailler les jambes sont d'une efficacité redoutable contre la cellulite. Ils activent la circulation veineuse et lymphatique et ils consomment de l'énergie puisée dans les réserves des adipocytes.

Prendre du poids, est-ce une fatalité ?

Pas vraiment: même si cette chaudière que nous sommes brûle spontanément moins de Calories que celle du voisin pour cause d'hérédité, même si nous sommes affligés d'un stock plus important d'adipocytes pour cause de suralimentation enfantine.

Il est certes plus facile de grossir dans ces cas-là et de devenir carrément obèse si, dès l'enfance, on laisse les kilos s'accumuler.

Il y a toutes sortes de raisons pour prendre dix kilos. Quelles que soient ces raisons, elles reposent toutes sur une alimentation dont l'apport calorique a été ou est encore supérieur aux dépenses énergétiques.

Pour retrouver un poids normal, il n'y a pas d'autre solution que d'inverser la balance et de faire en sorte que ces dépenses énergétiques deviennent supérieures aux Calories apportées par l'alimentation. C'est le seul moyen de mobiliser les lipides stockés et de les obliger à se transformer en énergie.

C'est pourquoi, avant d'entreprendre quoi que ce soit, il est indispensable de bien faire le point sur ses kilos en trop. Il ne sert à rien de démarrer un régime si vous continuez d'ignorer quels sont les aliments responsables de vos kilos en trop, quelle que soit la raison pour laquelle ils se sont si bien installés.

Ce poids trouve forcément son origine dans vos erreurs alimentaires. Vous avez probablement conscience d'en commettre mais peut-être évitez-vous des aliments qui vous sont nécessaires alors que vous mangez volontiers d'autres que vous croyez inoffensifs.

Les erreurs alimentaires peuvent tout autant être quantitatives que qualitatives. Même quand on a l'impression de "ne rien manger" !

Il suffit souvent d'une salade quotidienne, réputée "bonne pour la santé et la ligne" pour avoir des kilos en trop... Question alors, de qualité de l'alimentation et non de quantité. On ne pense pas assez aux lipides (graisses) de l'huile qui vont se stocker sur les fesses !...

par Paule Neyrat, diététicienne