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Augmentation du volume des fesses

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L’augmentation du volume des fesses est un phénomène de mode apparu il y a 40 ans en Amérique du Sud. La demande dans ce domaine s’est internationalisée et est devenue de plus en plus importante, de plus en plus de femmes désirant avoir des fesses parfaites. Cependant elle est peu pratiquée en Europe et notamment en France.

Les indications sont essentiellement :

les fesses plates ou peu développées

les fesses tombantes

les personnes qui désirent simplement avoir des fesses plus pleines ou plus arrondies vers le haut.

Plusieurs techniques sont employées aujourd’hui.

 

Prothèses ou implants fessiers :

La technique :

La mise en place d’implants fessiers donne un galbe et une jolie forme aux fesses.

Après un examen pré-opératoire complet radiologique des parties molles du bassin et un bilan sanguin, on pratique l’intervention sous anesthésie générale.

L’incision qui constituera la future cicatrice est verticale, dissimulée dans le pli inter-fessier.

L’implant fessier est une prothèse en gel de silicone cohésif plus résistant que la prothèse mammaire.

Souple, il s’intègre bien dans les muscles fessiers, donnant un aspect naturel au résultat, sa consistance étant proche de celle des muscles.

Dans le cas de fesses tombantes, on associe un lifting des fesses pour un meilleur résultat, la cicatrice étant située cette fois dans le pli sous fessier.

Un pansement compressif de maintien est effectué à l’aide de plusieurs bandes élastiques.

Durée moyenne de l’intervention : 1 heure 30. Durée d’hospitalisation : de 24 à 48 heures.

Les suites opératoires immédiates :Prothèses ou implants fessiers

Plus ou moins douloureuses, elles sont marquées par un œdème et des ecchymoses qui peuvent durer une quinzaine de jour. En dehors des premiers jours post-opératoires, la prothèse ne présente aucune gêne lors de certains mouvements, comme marcher ou s’asseoir.

Le traitement post-opératoire est constitué essentiellement d’antalgiques.

La position debout est autorisée dès le lendemain. En revanche, la position assise ne peut se faire qu’à partir du 10ème jour. La pratique d’une activité physique sollicitant les muscles fessiers ne doit être reprise qu’après le 3eme mois.

Effets secondaires et complications :

Hématome post-opératoire : rare, nécessite une ré-intervention.

Infection : dans ce genre d’intervention, le risque infectieux est majoré par le fait que ces implants sont mis dans une zone hautement septique (pli inter-fessier). Si un tel cas se présente, le retrait des implants s’impose.

Risque de déplacement de la prothèse.

Compression musculaire douloureuse et névralgie sciatique ont été rapportées.

La lymphorée (accumulation de lymphe) est fréquente. Elle peut conduire à la désunion de la cicatrice, et plus tardivement à l’apparition d’une coque rétractile avec durcissement de la fesse donnant un aspect inesthétique.

Risque de phlébite

Asymétrie du fait des pressions fessières, toujours difficile à réparer dans un second temps.

 

Le lipofilling :

 

La technique du lipofilling est connue de longue date.

Elle est pratiquée par un grand nombre de praticiens sous anesthésie locale ou générale.

La technique du lipofilling est bien codifiée et donne de meilleurs résultats sur de petites surfaces. Les grandes surfaces nécessitent une importante quantité de graisse qui n’est pas toujours présente sur le reste du corps.

La technique :

Le lipofilling est une technique autologue qui nécessite deux temps :

1er temps : il permet de prélever la graisse grâce à une lipo-aspiration à basse pression afin de ne pas altérer les lobules graisseux.

Les régions prélevées sont généralement : l’abdomen, le ventre, les hanches, culotte de cheval, face interne des genoux.

2eme temps : la graisse prélevée, centrifugée ou non selon les habitudes de l’opérateur est ré-injectée délicatement à l’aide d’une canule adaptée dans la couche adipeuse au niveau de la partie supéro-externe des fesses.

La quantité injectée dépend du résultat souhaité.

Dans la majorité des cas, pour obtenir un résultat correct il faut 2 à 4 séances d’injection. La greffe adipeuse peut perdre jusqu’à 70 % de son volume à chaque injection.

Le lipofilling des fesses Effets secondaires :

L’infection représente la complication, la plus redoutée, elle nécessite une antibiothérapie adaptée.

La résorption importante de la graisse dans certains cas conduit à un résultat insuffisant et par conséquence à une insatisfaction de la patiente.

Asymétrie : relativement facile à réparer par réinjection de graisse.

L’inconvénient du lipofilling : la quantité de graisse nécessaire au traitement du volume n’est pas toujours disponible au niveau du corps.

 

 

 

L’injection d’un filler :

 

Actuellement le plus utilisée est un polymère gélifiée composé de réticulations exclusives de groupes Alkyl Immidiques (environ 4 %) et d’eau (environ 96 %). L’Alkyl-Imide appartient à la famille des dérivés acryliques et sa structure polymèrique ne contient aucun monomères libres (ce qui évite la neurotoxicité). Il se comporte comme une prothèse. Après l’injection -exclusivement dans l’hypoderme (graisse) - le produit est complètement recouvert par l’organisme d’une capsule très mince (0.02 mm) de nature collagénique qui isole les tissus.

En raison de la formation de cette capsule, il est toujours possible de repérer l’implant et de l’extraire grâce à une petite perforation de la capsule avec une aiguille suivie d’une compression manuelle. (Photo POLYKON lab)

L’avantage de ce produit : il peut être injecté simplement et à l’endroit désiré.

Le plus important est de l’injecter après une désinfection rigoureuse.

Le résultat est obtenu après 1 ou 2 séances espacées de 45 jours.

Contre-indications

collagénose en cours

infection sur le lieu d’implantation

varice sur le lieu d’implantation

radiothérapie sur le lieu d’implantation

exposition à l’action des lampes UV avant au moins 4 semaines après l’implantation.

Effets secondaires et complications

Risque infectieux comme toute prothèse.

La formation de granulome n’a pas été décrite

 

Analyse synthétique

Nous avons réalisé successivement une trentaine de cas pour chacune des trois techniques. Notre impression nuancée par le nombre relativement faible de cas a été la suivante :

Les implants fessiers :

Nous avons obtenu de bons résultats esthétiques apparents mais le nombre de rejets, de déplacements secondaires ou de coques nous ont amenés à retirer 40 % des implants. Reste à savoir ce que les cas restants deviendront à long terme.

Les implants fessiers :

Compliqué à réaliser par le nombre de séances nécessaires. Il est aléatoire par le risque d’infection avec des résultats que l’on peut qualifier de relativement satisfaisant. Là encore une résorption à distance n’est pas à exclure.

L’injection de d’alkylamide :

(endoprothèse), technique récente sans recul suffisant, doit nous inciter à la prudence (risque septique). Dans un cas nous avons été amené à tout réaspirer.

Conclusion

Seules les grandes séries avec des indications judicieusement posées permettent d’affiner les choix de ces différentes interventions possibles.

La conscience du chirurgien doit plus que jamais aller à la rencontre du patient, il faudra donner du temps au temps. La prudence est encore de mise.

 

par Dr. Sydney OHANA – Dr Rania MEDDAHI – Dr. Mahrez AMRI

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